Jeudi 14 Avril - Infirmières en prison

Publié le par Sam Fisher

Le Zénith accueille aujourd’hui 1 200 infirmiers de Rhône-Alpes Auvergne venus échanger sur « la quête d’humanité derrière le soin technique »

Brigitte Lanew, présidente de l’Arfi, association organisatrice de la journée / Jean-Louis Dubois

 

« Je ne sais pas ce qui peut pousser une infirmière à venir travailler en milieu carcéral ». La voix off accompagne le reportage vidéo de 20 minutes intitulé : « Ucsa : une île dans un océan pénitentiaire ou le soin en liberté surveillée ». Le film a été tourné à la maison d’arrêt de La Talaudière.

 

Ce témoignage, et d’autres encore, sera projeté aujourd’hui au Zénith de Saint-Etienne dans le cadre du 23 e colloque en soins infirmiers organisé par l’Arfi (Association pour la recherche et la formation des infirmiers). Ils seront 1 200 professionnels de Rhône-Alpes et d’Auvergne.

Retour en prison : « J’avais envie de connaître une autre manière de soigner, dans un lieu atypique et réputé hostile ».

 

C’est ainsi qu’on découvre l’Ucsa (Unité de consultation et de soins ambulatoires) derrière les barreaux, c’est une antenne du CHU.

 

Chaque nouveau détenu a droit à une consultation dès son arrivée. Outre l’équipe soignante constituée de médecins et d’infirmiers, il peut accéder au psychiatre, dentiste, radiologue… « L’Ucsa est un lieu de refuge où on peut pleurer sans honte ». La voix off atteste que le risque suicidaire est « le motif le plus fréquent de l’entretien ». Le public n’est pas toujours facile, la détresse se conjugue à la précarité et il faut faire preuve d’empathie lors des moments forts que sont la reconstitution ou le verdict du jugement, par exemple. Mais aussi lorsque le détenu se rend compte que la vie continue sans lui à l’extérieur, notamment dans son cercle familial ou professionnel.

 

L’infirmière explique qu’il faut apprendre à garder la distance « pour rester efficace » et souvent « masquer ses émotions ».

 

Alors, pourquoi sent-elle parfois qu’elle doit changer de service ? « Quand la peur s’empare de nous » ou : « Quand on est épuisé par la nécessité d’être toujours sur le qui-vive », mais aussi par « Le sentiment du devoir accompli ».

 

Brigitte Lanew est la présidente de l’Arfi, une association « créée par des soignants pour des soignants ». Cette journée de formation continue est l’occasion d’échanger des expériences différentes. « Leur trait d’union, c’est l’humanité derrière le geste technique », dit-elle.

Au cours de cette journée, des équipes abordent leur expérience dans l’humanitaire, la place de l’art-thérapie dans le projet médical, l’accompagnement en Ehpad, les nuits blanches, le parcours de la greffe et la stérilisation.

 

L’Arfi répond au 04 77 12 74 71 ou à arfi@chu-st-etienne.fr

 

Assez rapidement, les communications de cette journée devraient être consultables sur le site internet du CHU : www.chu-st-etienne.fr

 

Le Progrès...

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