Jeudi 18 Août - Laëtitia : le père d'accueil écroué pour viols

Publié le par Sam Fisher

Gilles Patron a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur la soeur jumelle de la jeune fille tuée près de Pornic. Il est également poursuivi pour agressions sexuelles sur deux amies de la jeune femme.

Le procureur-adjoint de Nantes, Yves Gambert, a tenu un point presse, hier au Palais de Justice de Nantes, après la mise en examen de Gilles Patron, le père de la famille d'accueil de Laetitia.

Il a quitté le Palais de justice de Nantes hier à 13 h ; direction la prison. Ce Palais, Gilles Patron, 61 ans, le connaît bien : cette année, il y a souvent pris la parole pour dénoncer la mauvaise prise en charge des délinquants, sexuels notamment.
 

 

Jusqu'à hier, on le présentait comme un homme exemplaire. Père de trois enfants, il accueillait chez lui, avec son épouse, dans leur maison de Pornic, des jeunes confiés par les services sociaux. Le 18 janvier, angoisse et horreur : Laëtitia, 18 ans, qu'ils hébergeaient, disparaît. Après des semaines de recherches, son corps mutilé est retrouvé dans des étangs. Son meurtrier présumé, Tony Meilhon, est écroué.

 

Relation fusionnelle ou contrainte ?

 

L'affaire avait provoqué une onde de choc dans le monde judiciaire. Magistrats et personnel pénitentiaire s'étaient soulevés, outrés que le Président de la République veuille leur faire porter le chapeau de l'acte criminel. Recevant Gilles Patron et son épouse, Nicolas Sarkozy leur avait promis des sanctions pour les responsables des « dysfonctionnements » de la chaîne pénale. Ils avaient, selon lui, permis la remise en liberté du délinquant Tony Meilhon.

 

Le 25 juin, jour des obsèques de Laëtitia, Gilles Patron déclarait : « Il ne doit plus y avoir de récidivistes. Il faut créer des fichiers de délinquants sexuels et mettre en place des surveillances efficaces. Nous sauverons peut-être nos enfants de l'intolérable souffrance qu'ils subissent lors d'un viol. »

 

Le 8 août, deux filles de 18 et 19 ans, en se présentant à la gendarmerie, ont porté un coup terrible à la bonne image de la famille d'accueil où vivaient Laëtitia et sa soeur depuis 2005. Une amie avait rendu visite à la jumelle, le 23 juillet, à Pornic. « Dans la soirée, elle a indiqué avoir fait l'objet d'attouchement impudique de la part de M. Patron », indiquait hier Yves Gambert, procureur-adjoint de la République de Nantes. La seconde amie s'est plainte d'avoir fait l'objet de gestes déplacés, entre 2007 et 2010.

 

Poursuivant leur enquête, les gendarmes convoquent la jumelle de Laëtitia. Elle leur révèle alors la relation particulière qui la liait à Gilles Patron, depuis plusieurs années. Elle n'a pas déposé plainte. « Je ne veux pas qu'il m'en veuille, a-t-elle confié aux enquêteurs. Tout ce que je veux, c'est qu'il arrête. Je ne veux pas qu'il aille en prison même si je pense qu'il le mérite. Je préfèrerais qu'il soit soigné. »

 

« Il nie intégralement »

 

Gilles Patron a été mis en examen pour agressions sexuelles sur les deux premières plaignantes. Et pour agressions sexuelles et viols par personne ayant autorité sur la jumelle. « Il nie intégralement les allégations des deux amies », précise Yves Gambert. Il reconnaît en revanche entretenir une « relation fusionnelle, amoureuse », avec la soeur de Laetitia, mais assure ne l'avoir jamais forcée. Et n'admet de relation sexuelle avec elle que depuis sa majorité, en 2010. Pascal Rouiller, l'avocat de Gilles Patron, a fait appel du placement en détention de son client.

 

Les enquêteurs vont maintenant se pencher sur la relation qu'il entretenait avec Laëtitia. Son épouse, « sidérée », ne croit pas en sa culpabilité.

 

Agnès CLERMONT.
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