Lundi 11 Juillet - Les travaux d'intérêt général relancés

Publié le par Sam Fisher

Le ministère de la Justice veut redonner un second souffle aux travaux d'intérêt général, alternative à des petitespeines d'emprisonne- ment. Mais le développement des TIG est freiné par le manque de structures d'accueil.

 

«C'est une bonne alternative à la prison. Pour certaines personnes, c'est même une aubaine. Cela leur permet de reprendre pied». Juge d'application des peines à Quimper, Anne-MarieRobert est très favorable au travail d'intérêt général. Créés en 1983, les TIG font quasiment l'unanimité. «Une peine intelligente», souligne Christian André, le directeur du SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) 56. Et pourtant, les TIG se heurtent, dans certaines juridictions, à un manque d'organismes d'accueil. Mairies, associations et établissements publics sont parfois réticents à accueillir des «tigistes».

Un tremplin

«La peur du délinquant existe», souligne la magistrate quimpéroise. Selon le ministère de la Justice, 3.800 collectivités locales ont accueilli des «tigistes» en 2010. Sur les 36.000 collectivités, c'est effectivement peu.


Même s'il nous a été impossible d'avoir des statistiques sur le ressort de la cour d'appel de Rennes, les collectivités et les associations bretonnes sont apparemment moins réticentes qu'ailleurs à accueillir des «tigistes». «À partir du moment où l'on entretient une relation étroite avec elles, les collectivités jouent le jeu. Je n'ai pas d'exemple de collectivités qui refusent, même si dans les toutes petites mairies, c'est parfois un peu compliqué», explique Christian André. Dans le Morbihan, il existe 170places de TIG. Plus de 50% sont dans des collectivités. L'autre moitié est partagée entre associations et établissements publics. «On a une bonne diversité de postes», se félicite le directeur du SPIP 56. C'est important parce que le TIG, ce n'est pas qu'une sanction, c'est aussi et surtout le moyen pour la personne condamnée de se réinsérer. «Il faut que la mesure judiciaire soit un tremplin. Même s'il y a beaucoup de personnes sans qualification, j'essaie de les mettre là où elles peuvent apporter quelque chose avec leurs compétences», explique Alain Corre, conseiller à Brest. «Avant de les affecter dans un service, on regarde leur formation», confirme Gilbert Montfort, maire de Rosporden, commune qui accueille régulièrement des «tigistes». Espaces verts, voirie, bâtiment... l'éventail des tâches proposées est assez large.

Très peu d'incidents

Comment persuader les collectivités d'accueillir des TIG? Même s'il y a parfois de l'irrationnel dans la crainte du délinquant, les meilleurs arguments sont les chiffres. Rares sont les TIG qui se passent mal. Sur les 537 effectués dans le Morbihan, en 2010, seulement 27 n'ont pas été jusqu'au bout. 92% se sont très bien passés. «Par rapport à des publics difficiles, ce n'est pas si mal», observe Christian André. Même constat au SPIP de Brest. «Il y a vraiment une valeur ajoutée pour la société», souligne Alain Corre. Dans la lutte contre la récidive, les TIG semblent avoir fait leur preuve, même si l'administration ne fournit pas de données sur ce point. Pour le directeur du SPIP 56, les cas de récidive sont «dérisoires par rapport aux autres peines». «Avoir des horaires, échanger avec d'autres, bénéficier d'un vrai accompagnement, tout cela favorise l'absence de récidive», confirme la magistrate quimpéroise. Une bonne raison de les développer. Ce qui, pour la juge, passe par des moyens aux associations.

 

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