Lundi 16 Mai - Nouvel incident à Lavaur

Publié le par Sam Fisher

Alors que les surveillants poursuivent leur mobilisation, un détenu a tenté de s'enfuir en écartant les barreaux de sa cellule, la nuit dernière, à l'établissement pénitentiaire pour mineurs du Tarn.

 

 

L'incident survenu dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 mai ne fait que conforter les surveillants de l'EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) de Lavaur (Tarn) dans leur mobilisation. Lundi matin, une cinquantaine de surveillants de cet EPM se sont réunis pour dénoncer le fonctionnement des EPM de manière générale, de leur structure en particulier.

 

"Comment un détenu peut-il écarter des barreaux d'acier ?"

 

"En fin de nuit, un détenu placé en quartier disciplinaire a réussi à écarter les barreaux de sa cellule" explique au Nouvel Observateur Laurens Maffre, secrétaire régional de l'Ufap-Unsa-justice, confirmant une information relayée par France 3. Selon le syndicaliste, le détenu pouvait "presque" passer à travers les barreaux. Si le détenu n'aurait sans doute pas pu s'échapper car sa cellule donnait sur une cour intérieure, c'est tout de même l'événement de trop pour l'Ufap-Unsa-justice.

 

Il semblerait que le détenu ait utilisé un outil de contorsion. "Peut-être a-t-il démonté une partie de la fenêtre" s'interroge Laurens Maffre, qui n'hésite pas à mettre en cause la qualité des infrastructures : "comment un détenu peut-il écarter des barreaux d'acier censés être solides ?" Il dénonce notamment les "limites de la structure en matière de sécurité."

 

Lundi matin, ce jeune détenu condamné à une peine de 10 ans de prison a été transféré en urgence au quartier des mineurs de la prison de Perpignan. Lundi, toujours, de 7h à 15h, une cinquantaine de surveillants, et quelques éducateurs, selon Laurens Maffre, ont bloqué l'accès de l'EPM de Lavaur. "C'est notre seul moyen d'action car nous n'avons ni le droit de grève ni le droit de retrait" explique le surveillant.

 

"Il y a un trop-plein, une grande exaspération"

 

Au cœur des revendications : "le retour de la discipline à l'intérieur de l'établissement" demande Laurens Maffre. Pour lui, certains détenus "ultra-violents" ou ayant un profil comme celui qui vient de tenter de s'échapper "n'ont rien à faire" dans les EPM. Où les verrait-il ? "Dans les quartiers pour mineurs d'autres établissements ou dans des unités créées spécialement pour eux." Il revient sur le quotidien du personnel de l'EPM : insultes, menaces de mort, violences. Et confie "un trop-plein, une grande exaspération".

 

Vendredi dernier, surveillants et éducateurs de l'EPM de Lavaur ont été reçus par le directeur de l'administration pénitentiaire et celui de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse). "Ils nous ont dit avoir pris bonne note de nos revendications. On attend de voir" poursuit le syndicaliste. Le personnel de l'EPM de Quiévrechain (Nord) a prévu un mouvement de mobilisation lundi 23 mai. A Lavaur, "si rien ne bouge, on remettra ça."

 

Le week-end des 7 et 8 mai, l'EPM de Lavaur a été le théâtre de nombreux incidents. Dans la nuit du lundi au mardi suivant, une surveillante a été victime d'une agression. Mardi dernier, toujours, le personnel de l'EPM de Marseille bloquait également l'entrée de l'établissement en protestation à l'agression particulièrement violente d'une surveillante, début mai.

 

Le Nouvel Observateur...

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