Lundi 21 Mars: Des détenus pourront arbitrer des matches

Publié le par Sam Fisher

Le comité départemental de basket propose une formation aux détenus de Pémégnan.

Leçon de basket samedi matin au centre pénitentiaire de Pémégnan. Dans le rôle du professeur, Francis Darricau, le président du comité départemental de basket. Et dans celui des élèves particulièrement appliqués, une quinzaine de détenus.

 

 « C'est mon échappatoire. Par le sport, j'avance et on me fait confiance », explique un détenu. photo nicolas le lièvre

 

Ici, chacun mesure l'importance d'une pratique régulière du sport. « C'est le seul moyen de se défouler, d'évacuer la rage, mais aussi de communiquer avec d'autres détenus. Sinon moi, sans le sport, je ne côtoierais que les gens de mon aile », explique ce détenu. Jusqu'à présent, le centre pénitentiaire avait particulièrement mis l'accent sur le football et sur la boxe. Au point de compter déjà quelques semi-pros parmi les anciens détenus. Walid les rejoindra au mois d'avril après avoir disputé son premier combat. Le surveillant moniteur Larbi Amenzou lui dispense un entraînement spécial de deux heures par jour. « C'est mon échappatoire. Par le sport, j'avance et on me fait confiance », se réjouit le détenu.

 

Son moniteur confirme : « La réinsertion par le sport réussit toujours. Elle permet de donner des règles et un cadre. » Alors, si le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a souvent été, à juste titre, critiqué pour la lourdeur et le gigantisme de ses infrastructures, il bénéficie néanmoins d'un atout de poids à travers un gymnase tout neuf et tout équipé.

Ce dont Francis Darricau espère bien profiter au maximum avec les détenus volontaires pour s'initier au basket. Car, en accord avec le juge des libertés et de la détention et l'administration pénitentiaire, le président voit loin dans l'utilisation de son sport comme outil de réinsertion.

 

Notion de règle et de cadre
 

« Nous commençons par les initier. Mais à terme, l'idée est de les former à l'arbitrage », explique Francis Darricau. Et son projet s'appuie sur deux problématiques : « D'abord, quoi de mieux pour intégrer la notion de règle et de cadre que de devenir soi-même arbitre ? », interroge le sportif. Mais le président reconnaît aussi que comme la plupart des disciplines, le basket souffre également d'un déficit d'arbitres. « Notre but est de repérer quelques personnes qui ont un talent pour cela, et ensuite de convaincre des clubs de leur faire arbitrer des matches de jeunes, si le centre pénitentiaire leur accorde des permissions de sortie. Comme ça, tout le monde est gagnant », poursuit Francis Darricau. L'éventualité de proposer des formations au diplôme d'arbitre est également envisagée.

 

Pour l'instant, le comité de basket des Landes propose deux heures de cours tous les 15 jours. Samedi, le joueur de l'UDG Jérôme Mansanné s'est ajouté à l'équipe. « Nous avons déjà repéré quelques personnes qui ont un bon niveau. On voit qu'ils sont habitués à faire du sport », explique le président. Et de poursuivre : « J'étais attaché à ce que nous nous impliquions dans une démarche sociale autour de la réinsertion. Il me semble que le basket s'y prête parfaitement : c'est un sport d'équipe, avec des règles complexes et qui demande un maximum de concentration. »

 

Sur le terrain, le feeling semble être passé rapidement. « Je ne vois aucun problème. Cette expérience m'apporte autant qu'à eux. Si ces gens ont commis des fautes, leur punition c'est d'être privés de liberté, pas de culture, de sport ou de considération. »

Bien sûr, l'univers carcéral peut néanmoins se révéler angoissant. « Au début, je n'étais pas à l'aise. Le bruit des portes qui claquent, ça peut vite devenir stressant. Mais une fois que vous entrez dans le gymnase, vous n'y pensez plus. Vous êtes sur un terrain avec un ballon et une équipe. »

 

Sud Ouest...

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