Lundi 27 Juin - Présentation par Pierre Botton de sa prison modèle

Publié le par Sam Fisher

Il veut construire un établissement atypique avec travail obligatoire et présence de l'armée. Derrière chaque détail de la maquette géante qui envahit tout l'espace de son bureau, il faut chercher un petit bout du parcours de Pierre Botton. Ce plan que l'ancien détenu célèbre pour avoir financé la campagne de son ex-beau père Michel Noir caresse du bout des doigts, représente… une prison. Mais une prison du troisième type pourrait-on dire.

Pierre Botton espère voir son premier centre sortir de terre début 2012.

 

Dans ses rêves les plus fous, Pierre Botton, chargé l'an dernier d'une mission sur l'amélioration des conditions de détention par le ministère de la Justice, a dessiné un village de petits cabanons de bois, aux fenêtres non grillagées, disséminés dans un espace vert. Puis il a trempé un instant sa plume dans l'encre des souvenirs pour tracer les contours d'un gymnase - les établissements pénitentiaires disposent généralement d'équipements sportifs.

 

Ensuite sont apparus, dans le désordre: une salle de spectacle, un espace de restauration rapide, une mini-Fnac, une antenne de Pôle emploi, un coiffeur, un supermarché, une boulangerie… Et, comment dire? Dans l'esprit de l'ancien chef d'entreprise, ces lieux inattendus dans une enceinte pénitentiaire ne sont pas exclusivement destinés aux détenus, mais aussi aux habitants des villes voisines. «Dans ce supermarché, comme dans le fast-food, les gens prendront l'habitude d'être servis par des détenus, explique Pierre Botton. Plusieurs grandes entreprises ont déjà signé avec nous, comme Fnac ou Carrefour.» Le projet de l'ancien taulard repose sur un précepte: les délinquants ont été condamnés à la privation de liberté, mais l'humiliation et l'oisiveté ne font pas partie de la punition. Le temps d'enfermement doit leur permettre de préparer l'avenir. Les détenus doivent donc tous exercer un emploi.

Le soutien de l'Élysée

Dans son établissement pilote, ils devront être rémunérés au smic en échange de leurs 35 heures de travail hebdomadaire, grâce à quoi ils pourront contribuer à payer les frais d'hébergement (par exemple la blanchisserie) et indemniser leurs victimes. Pour cela, Pierre Botton a remué le ban et l'arrière-ban et fait jouer son carnet d'adresses. Henri Lachmann, charismatique président du conseil de surveillance de Schneider Electric, lui a apporté son soutien. M6 prévoit déjà d'apprendre aux détenus de Pierre Botton à réaliser les sous-titrages pour les malentendants devenus obligatoires.

 

L'ancien homme d'affaires a aussi imaginé de recruter l'armée pour aider à remettre dans le droit chemin ceux qui s'en étaient écartés. Pendant plusieurs semaines, les nouveaux arrivants seraient placés entre les mains des équipes de l'Epide - un établissement public d'insertion sociale et professionnelle pour les jeunes en difficulté placé sous la bannière du ministère de la Défense. Petit déjeuner en commun et en costume, lits au carré, horaires stricts et vie en société obligatoire: dans la prison Botton, si l'on peut circuler librement pendant une partie de la journée, il n'est pas question de rester enfermé dans son «chalet». À cet effet, la télévision ne sera pas installée dans les cellules, mais uniquement dans des salles collectives. À charge pour les pensionnaires de sélectionner entre eux par groupe de 30 le programme pour la semaine!

 

Iconoclaste, utopiste, diront certains, le projet a pourtant reçu le soutien de l'Élysée. Il a été chiffré à une dizaine de millions d'euros. Mais il n'a été validé qu'à une condition: ne pourront être affectés dans un tel établissement que les détenus primo-délinquants, âgés de moins de 35 ans et condamnés à moins de cinq ans de prison. Les délinquants sexuels n'y seront pas admis. Une façon de s'inspirer des recommandations du dernier rapport Ciotti suggérant des prisons différentes selon les types de peine. Pierre Botton espère voir le premier spécimen sortir de terre au premier semestre 2012.

 

Le Figaro...

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