Lundi 6 Juin - Des prisons dans d'anciens bâtiments de l'armée

Publié le par Sam Fisher

C'est l'une des propositions du député Éric Ciotti, qui souhaite ainsi créer rapidement des places supplémentaires.

Le cente de détention d'Oermingen, dans le Bas-Rhin, est situé dans d'anciens bâtiments militaires.
 

En visitant la nouvelle maison d'arrêt de Corbas à Lyon (690 places, 66 millions d'euros et une architecture terriblement consommatrice en gardiens), le député Éric Ciotti a été frappé par le caractère «monolithique» du système carcéral français. «La structure des établissements dépend des détenus les plus dangereux alors même que les exigences ne s'imposent qu'à une minorité d'entre eux», explique-t-il. Mieux vaut privilégier, selon lui, un système diversifié adapté au profil de chacun. Et l'élu de proposer «immédiatement des places dans des structures pénitentiaires légères».

 

Des «structures modulaires rapides» pourraient donc se développer, sortes de cellules en kit installées dans d'anciens établissements ou casernes militaires notamment, comme cela existe déjà à Oermingen (Bas-Rhin), Écrouves (Meurthe-et-Moselle) ou Bédenac (Charente-Maritime). Elles accueilleraient les détenus condamnés à de courtes peines, dans une logique de réinsertion, avec un accent mis sur le régime de semi-liberté. Une liste d'emplacements possibles a été fournie au député par la Défense, de Brest à Bourges, en passant par Châteauroux, Tours, Strasbourg, Toulon ou Nantes.

 

Par ailleurs, l'Administration pénitentiaire pourrait louer des immeubles privés. À l'horizon 2018, «la capacité carcérale devra atteindre 80.000 places» (65.000 occupées actuellement), écrit le député UMP. «11.000 places de détention supplémentaires devront donc être créées en complément des opérations» déjà conduites par le garde des sceaux, Michel Mercier, dont l'élu salue l'énergie.

 

Pour Éric Ciotti, «la faiblesse actuelle de la capacité carcérale pèse sur toute la chaîne pénale». Or, dit-il, l'application de la sanction «ne peut être liée à des contingences matérielles.» Chiffres à l'appui, il démontre que la France a l'une des plus faibles capacités carcérales d'Europe, avec, par rapport à sa population, un nombre de places de prison, mais aussi de détenus, presque deux fois inférieur à la moyenne des pays de l'Union.

 

Par ailleurs, l'élu n'hésite pas à mettre en cause le manque de dissuasion du bracelet électronique pour certains délinquants. Il réclame aussi dans les prisons des «miradors avec arme téléopérée». En clair: un dispositif de surveillance par caméras auquel est adjointe une arme manipulée à distance. De quoi économiser l'emploi de 1500 gardiens. Reste à convaincre le personnel des bienfaits de la technique.

 

Le Figaro...

Commenter cet article