Mardi 18 Octobre - Que risque-t-on pour une prise d’otage ?

Publié le par Sam Fisher

Lundi, un chômeur de 45 ans prend en otage deux employés d’une agence Pôle Emploi à Paris. Aujourd’hui, un détenu s’en prend à un médecin de la prison de Montmédy dans la Meuse. Deux prises d’otages en deux jours. Même si ces deux faits divers tragiques ne peuvent être mis en parallèles, ils sont le signe d’un malaise profond, sur le marché de l’emploi pour l’un, et d’une défaillance du système pénitentiaire pour l’autre. Mais que risque-t-on pour une prise d’otage.

 

 

Entre 30 ans et 5 ans de prison

 

Selon l’article 224-1 du code pénal, le fait « d’arrêter, d’enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle. » Toutefois, si vous vous montrez «sage» et décidez de libérer votre otage « avant le septième jour accompli » votre peine pourrait être réduite à cinq ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amende.

 

 

 

La prise d’otages pas vraiment reconnue

 

La notion d’« otages » n’apparaît qu’à l’article 224-4 du code pénal. Le Sénat estimant que les prises d’otages consituaient « une menace grandissante », avait d’ailleurs déposé en mai 2008, une proposition de « loi visant la reconnaissance et l’indemnisation des victimes de prises d’otages ».

 

 

« L’atteinte majeure aux droits de l’homme et la souffrance qu’entraîne la séquestration justifient que toute prise d’otage accompagnée de menace de mort ou de blessure relève désormais d’outils juridiques particuliers inspirés, au plan de la répression des criminels et de la protection des victimes, du dispositif applicable aux actes de terrorisme », estimaient les sénateurs. Sans effet pour le moment.

 

 

Toutefois la notion d’enlèvement et de séquestration « comme otage » apparaît dans l’article 224-4, si cette dernière a lieu « pour faciliter la commission d’un crime ou d’un délit », l’infraction alors prévue par le 224-1 est portée à 30 ans de réclusion criminelle.

 

 

Deux exemples de condamnation

 

En juillet dernier un homme de 39 ans a été condamné à six ans de prison pour avoir pris en otage pendant plus de huit heures son fils de 2 ans à Amiens dans la Somme, menaçant de le tuer avec un couteau de cuisine.

 

 

En 2009, un détenu armé avait pris un surveillant en otage dans la centrale de Clairvaux (Aude). Condamné à plusieurs reprises pour viol, violences, homicide volontaire et prise d’otage, libérable en 2032, il purgeait à Clairvaux une peine de 10 ans d’emprisonnement pour avoir pris deux heures en otage une psychiatre de la prison de Nancy en novembre 2006.

 

 

Antoine Victot.

 

Ouest-France...

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