Mardi 29 Mars: Canteleu pressenti pour accueillir la nouvelle prison de Rouen

Publié le par Sam Fisher

L'Etat envisagerait de construire le nouveau centre pénitentiaire à Canteleu. La municipalité s'y oppose avec force.

 

 
 

Le futur centre pénitentiaire pourrait être construit à Canteleu, aux abords du lotissement Les chemins de Flaubert.

 

Quand il a appris la nouvelle de la bouche du préfet, Christophe Bouillon, le député-maire socialiste de Canteleu a cru « tomber de l'armoire ». Il se rend souvent sur place, route de Sahurs, et s'arrête au bord du terrain, visé par l'Etat pour y construire le nouveau centre pénitentiaire, qui doit ouvrir en 2015, en remplacement de la maison d'arrêt de Rouen qui doit être détruite. Chacune de ses visites se conclut pour lui par cette évidence : « Un cube de béton avec un mur d'enceinte haut de 6 m, à cet endroit, Ce projet est scandaleux. Incompréhensible, je n'ai jamais été concerté, ni même les propriétaires du terrain de 18 ha ».

Mobilisation des habitants

Christophe Bouillon avance différents arguments dans sa démonstration : « Implanter une prison sur un domaine qualifié d'espace naturel dans le plan local d'urbanisme, en lisière de la forêt de Roumare protégée, au pied des jardins potagers, à quelques centaines de mètres du parc animalier, dans le cœur du village et quasiment en face du centre départemental de l'enfance est une aberration ». Inconvénient et non des moindres, relevé par le maire, si le centre pénitentiaire d'une capacité maximum de 700 détenus, à l'image de celui du Havre, se construit à cet endroit, il se situerait tout près des 240 pavillons de deux lotissements neufs : les Chemins de Flaubert et le Domaine des Deux Lions. Vent debout contre le projet : « Parce qu'il ne relève pas de l'intérêt général mais d'une banale manipulation politique », Christophe Bouillon - par ailleurs secrétaire de la puissante fédération PS de Seine-Maritime - engage un bras de fer avec le préfet : « Il n'y a pas une minute à perdre, car le ministère de l'Intérieur doit trancher cet été. L'Etat veut agir vite, sans aucune concertation et contre les élus. Je mettrai tout en œuvre pour avoir gain de cause »

Le député-maire appelle à la mobilisation de tous les Cantiliens. Le texte d'une pétition, sous le titre « Canteleu dit non à la prison », est envoyé depuis hier dans chaque foyer. Une urne de collecte des réponses a été installée à la mairie. La municipalité a le sentiment de jouer gros dans cette bataille : « Cette implantation viendrait contrarier et mettrait à terre, plusieurs années d'efforts et de travail menés par les équipes municipales successives pour changer l'image de Canteleu ».

 

Dix terrains visités

Au total, selon un cahier des charges précis, les services de l'Etat ont identifié dix terrains dans l'agglomération, susceptibles d'accueillir le futur centre pénitentiaire. Aucun de ces terrains ne peut être immédiatement constructible. Voici le détail des sites qui ont fait l'objet d'une étude :
 2 à Bois-Guillaume (classées parcelles 1 et 2)
 1 au Mesnil-Esnard (classé parcelle 3)
 1 à Boos (classé parcelle 4)
 1 à Saint-Aubin-Celloville (classée parcelle 5).
 1 à Canteleu (classé parcelle 6)
 2 à Petit-Couronne (classés parcelle 7 et 8).
 1 à Oissel (classé parcelle 9)
 1 à Grand-Couronne (classé parcelle 10)
Il ressort de l'étude que les parcelles 1, 7 et 8 sont « très intéressantes ». Que les 3, 4, 6 et 9 nécessitent des aménagements. Que les 2, 5 et 10 présentent « des contraintes trop importantes. »

 

Paris-Normandie...

 

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