Mardi 7 Juin - Des gardiens, pas des concierges...

Publié le par Sam Fisher

Contre la surpopulation carcèrale, le député UMP Eric Ciotti propose notamment de "louer des immeubles privés".

Un gardien de prison ferme une grille (image d'illustration)

 

Entre 80.000 et 89.000 peines de prison en attente d'exécution en 2011 contre près de 100.000 fin 2010. Ce sont les prévisions avancées par Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes et secrétaire national de l'UMP en charge des questions de sécurité, dans un rapport remis mardi à Nicolas Sarkozy.

Commandé peu après la polémique survenue après le meutre de Laëtitia à Pornic, le rapport élabore une cinquantaine de propositions pour renforcer l'efficacité de l'exécution des peines.

Avec seulement 83,5 places en prison pour 100.000 habitants (contre 143,8 en Europe), la France pointe en dernière place sur le Continent souligne le rapport. La France compte actuellement 56.150 places de prison pour 65 000 détenus. Eric Ciotti propose d'atteindre le seuil des 80.000 places en 2018.

Mais comment faire pour trouver de nouvelles places de prison ?

 Eric Ciotti suggère notamment de créer des places dans "des structures pénitentiaires légères" réservées à des condamnés en semi-liberté et ne présentant pas de risque d’évasion.

Le rapport propose d'utiliser "d'anciennes emprises militaires", et - plus étonnant - de mettre en place des "structures modulaires légères" ou de "louer des immeubles privés".

Contactés par Le Post, les syndicats pénitentiaires expriment leur incompréhension.

A l'UFAP-UNSA comme à la CGT-Pénitentiaire, pas question de passer de "gardien de prison" à "gardien d'immeuble" ou "concierge".

"La proposition en l'état - louer ou racheter des immeubles privés - est complétement surréaliste et farfelu. Il y a des normes de sécurité à respecter et des architectures conçues à cet effet", juge Jean-François Forget, secrétaire générale de l'UNSA (Union fédérale autonome pénitentiaire).

"Des Algecos dans les cours de promenade"

Quant aux "structures modulaires légères" évoquées dans le rapport, Jean-François Forget s'inquiéte de voir apparaître "des algecos dans les cours de promenade". "On ne sait pas où Mr Ciotti veut en venir, c'est assez incompréhensible", commente-t-il.

Du côté de la CGT-Pénitentiaire, on dénonce du "blabla" et regrette ce "rapport de plus" : "où que se soit, la peine ne sera pas effectuée correctement si nous n'avons pas les moyens nécessaires".

Un "effet Pornic"

Tous évoquent un "effet Pornic" et regrettent la recrudescence des incarcérations de très courte durée. "Des gens rentrent pour 15 jours de détention et on doit remettre des matelas au sol", déplore Jean-François Forget.

Contacté par Le Post, le ministère de la Justice se refuse pour le moment à tout commentaire. "C'est au Président de la République et au ministre qu'il appartient de commenter ce rapport", indique-t-on.

Cinquante propositions. Parmi les autres suggestions d'Eric Ciotti : des aménagements de peines limités aux condamnations n'excédant pas une année (deux années actuellement) et l'instauration d'une période intangible (actuellement trois mois d'incarcération en moins la première année de détention, deux mois par année suivante rappelle Le Télégramme).

Une personne condamnée à la perpetuité "ne purge que 18, 20 ou 22 ans en moyenne" selon le rapport cité par Le Figaro.

L'ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati dont la loi pénitentiaire adoptée en 2009 pourrait être modifiée a regrétté mardi sur RTL que soient "remis en cause des engagements du président de la République" pour la présidentiel de 2007.

Le rapport préconise également davantage de placements en semi-liberté, le recours aux travaux d'intérêt général, et l'instauration d'un Service civique obligatoire et sous "encadrement militaire" pour "les mineurs récidivistes les plus difficiles". "Chiche au gouvernement" a lancé Ségolène Royal à propos de cette dernière piste. Une mesure qu'elle avait évoqué lorsqu'elle était candidate à l'Elysée en 2007.

 

Le Post...

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