Mercredi 20 Avril - Meyzieu : la prison toujours sous tension

Publié le par Sam Fisher

Hier matin, un tournevis a été retrouvé dans une chambre. Depuis lundi, les personnels éducatifs sont en grève. L’une d‘entre eux avait été victime de la prise d’otage mardi dernier

« Educateurs en colère, marre de la galère ». Une banderole posée devant l’EPM pour signifier le malaise et le ras-le-bol des intervenants de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, en grève depuis lundi / Photo Agostino Alfano

Un surveillant giflé lundi soir par un détenu. Des menaces de mort laissant entendre l’utilisation d’un tournevis. Lequel objet a effectivement été retrouvé hier matin dans une chambre, après une fouille générale assurée par les hommes des équipes régionales d’intervention et de sécurité, qui sont à l’administration pénitentiaire ce que le GIGN est à la gendarmerie.

 

Une semaine après la prise d’otages d’une éducatrice, l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Meyzieu est loin d’avoir pansé ses plaies, même si des mesures ont été prises. Sur le plan disciplinaire, des transferts de détenus qualifiés de meneurs ont eu lieu. Dont l’auteur de la prise d’otage, qui a rejoint depuis vendredi un quartier des mineurs d’une maison d’arrêt.

 

Le renouvellement du matériel radio, qui permet à chaque personnel d’actionner l’alarme et qui marchait de façon aléatoire, sera assuré. « Nous avons aussi bon espoir que soient appliquées des mesures visant à renforcer la discipline, et à apporter une réponse graduée, mais systématique à tout manquement. Nous n’avons pas oublié non plus la promesse du ministre Michel Mercier, de revenir avant l’été pour voir comment les choses ont évolué », notent les représentants des syndicats de surveillants FO et UFAP.

 

Mais depuis lundi, et pour toute la semaine, ce sont les personnels de la PJJ (protection Judiciaire de la Jeunesse), dont l’une des leurs avait été prise en otage mardi dernier, qui sont en grève. A Meyzieu comme dans tous les autres EPM. Localement, où l’appel a été relayé par la CGT et la CFDT, 96 % des 23 personnels de la PJJ étaient grévistes hier et avant-hier. Les représentants des syndicats de surveillants sont venus leur manifester leur soutien. Une délégation nationale a été reçue hier à Paris, à la direction de la PJJ. Alain Dru, secrétaire général de la CGT-PJJ, était plutôt remonté à l’issue : « On dirait qu’ils ont découvert que le métier était pénible et dangereux d’une part, et qu’il fallait, d’autre part, bâtir un cahier des charges sur le fonctionnement de l’EPM. Quatre ans après, il serait temps… ».

 

La CGT demande l’ouverture de négociations sur la remise en place d’une formation préalable et partagée avec l’administration pénitentiaire, la redéfinition des missions et notamment celles liées à la sécurité, ou encore la reconnaissance de la pénibilité.

 

Le Progrès...

 

 

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