Mercredi 30 Mars: Justice - les professionnels se mobilisent

Publié le par Sam Fisher

Environ 4 500 professionnels de la justice ont manifesté, mardi 29 mars à Paris, pour dénoncer le manque critique de moyens auxquels ils doivent faire face. Ils demandent un « plan d’urgence » et dénoncent les « effets d’annonce » du ministère.

 

Deux mois après le sursaut de colère des professionnels de la justice contre Nicolas Sarkozy qui demandait des « sanctions » suite au meurtre d’une jeune femme à Pornic (Loire-Atlantique), la justice est toujours en colère.

Administration pénitentiaire, services judiciaires, protection judiciaire de la jeunesse, magistrats, avocats : entre 2600 et 6000 professionnels de la justice (selon les sources) ont manifesté à Paris, mardi 29 mars, à l’appel de 26 organisations. Confrontés à un manque critique de moyens, tous se disent aujourd’hui incapables de faire face à l’inflation des actes de justice depuis une dizaine d’années.

 

 

Le ministère de la Justice a annoncé mardi matin 485 créations de postes. Une mesure jugée insuffisante dans le cortège, surtout si l’on considère les trois lourdes réformes à venir (hospitalisation sous contrainte, jurés populaires, justice des mineurs).

Les représentants syndicaux ont été reçus à l’Assemblée nationale par l’UMP et le PS et par le président de la Commission des lois, Jean-Luc Warsmann. « Rien n’as été promis, mais il a dit qu’il irait demander une enveloppe de 120 millions d’euros pour la justice, rapporte Matthieu Bonduelle, porte-parole du Syndicat de la magistrature. Nous n’allons pas cracher dessus, mais c’est plutôt de 1 ou 2 milliards d’euros dont nous avons besoin aujourd’hui pour fonctionner normalement. »

Les 26 organisations mobilisées vont se réunir pour discuter des suites à donner à un mouvement « long et difficile ». Ils ont donné au gouvernement jusqu’au 8 avril pour annoncer un plan d’urgence.

 

Photo : PIERRE VERDY / AFP

 

La récidive au cœur des débats

Début février, des tribunaux de toute la France avaient reporté leurs audiences pour demander que les conclusions de l’enquête interne suite à l’affaire Tony Meilhon ne soient pas court-circuitées par des positionnements à l’emporte-pièce fustigeant une énième fois les magistrats. Le retour du débat sur la récidive, cheval de bataille de Nicolas Sarkozy depuis 2002, a été un détonateur de la colère des professionnels de la justice. Les conseillers d’insertion et de probation témoignent en effet de l’inflation des dossiers à traiter depuis l’entrée en vigueur des premières lois sur la récidive, en 2005.

« Des Tony Meilhon, on en a plein nos placards », lancent quatre conseillers d’insertion et de probation venus de Loir-et-Cher, mardi, en référence au principal suspect du meurtre d’une jeune femme à Pornic que la justice est accusée d’avoir laissé sortir. « Notre métier devient un leurre, on n’est plus capable d’accompagner les sorties de peine. Nous ne faisons que gérer les urgences, en signant parfois des dossiers sans rencontrer les personnes, faute de temps. »

 

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