Mercredi 31 Août - Les quartiers pour femmes débordent

Publié le par Sam Fisher

Pour la première fois depuis son inauguration, en 1988, un détenu de la maison d’arrêt de Strasbourg a dû dormir à terre faute de lit disponible.

29 femmes sont détenues à la maison d’arrêt de Mulhouse. Le quartier qui leur est réservé compte 19 places. Photo Jean-François Frey

29 femmes sont détenues à la maison d’arrêt de Mulhouse. Le quartier qui leur est réservé compte 19 places. Photo Jean-François Frey

 

Cette première a eu lieu très exactement dans le quartier pour femmes de la prison où, depuis la fin de la semaine dernière, des prisonnières doivent se contenter d’un matelas à même le sol pour passer la nuit. Une situation d’engorgement qui touche tous les quartiers pour femmes de l’Est de la France, dénonce dans un communiqué l’Ufap/Unsa, le plus important syndicat du personnel pénitentiaire.

 

« Nous avions eu une première alerte au début de l’été, alors que depuis la création de l’Elsau, le personnel se faisait un point d’honneur à ne faire dormir aucun détenu à terre par respect de la dignité des personnes », nous a indiqué, hier, un représentant du syndicat.

 

Selon l’Ufap/Unsa, la maison d’arrêt compte 444 places mais, par rajout de lits, peut accueillir 798 détenus. Le quartier pour femmes, pour sa part, a 18 places mais en fait 36 lits qui ne suffisent plus. Pour tenter de désengorger l’établissement, trois détenues ont été transférées pendant le week-end vers la prison d’Epinal, le dernier quartier pour femmes à avoir des disponibilités. « Cela ne va pas durer car tous les autres quartiers pour femmes, à Strasbourg, Mulhouse, Metz et Nancy, sont au taquet. Les femmes qui nous sont confiées sont contraintes de dormir au sol comme des chiens », souligne Eric Gemmerlé, secrétaire général de l’Ufap/Unsa Grand Est.

 

Selon les derniers chiffres dont il dispose, à Mulhouse on compte 29 femmes détenues, 19 prévenues et 20 condamnées, pour 19 places. Ce mélange entre prévenues, en attente de jugement, et condamnées, est une spécificité des prisons françaises. « Les règles qui s’appliquent aux hommes sont totalement ignorées pour les femmes », explique un responsable syndical de l’Elsau. « Il n’y a pas de séparation entre majeures et mineures, ni entre prévenues et condamnées ou encore entre primo délinquantes et récidivistes, comme c’est obligatoire chez les hommes. De plus, nous avons actuellement deux femmes enceintes », poursuit-il.

 

En dénonçant publiquement cet état de faits qui n’est plus exceptionnel mais tend à devenir une banalité, le syndicat veut faire pression sur l’administration pour que la réalité des femmes en prison soit prise en compte, même si, heureusement, elles ne constituent qu’une toute petite minorité de la population carcérale.

 

L'Alsace...

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