Mercredi 6 Avril - Situation explosive à la prison de Coutances

Publié le par Sam Fisher

Le taux d'occupation de la maison d'arrêt est de 200 % : 80 détenus pour 40 places.Le personnel est en colère.
 
Tous les personnels de la maison d'arrêt de Coutances étaient réunis mardi matin pour dénoncer un taux d'occupation de l'établissement de 200 %.
 
« La honte de la République, c'est ici. » Devant l'entrée de la maison d'arrêt de Coutances, le message s'affiche clairement. Mardi matin, le taux d'occupation de l'établissement pénitentiaire s'élevait à 200 %. « C'est monté crescendo depuis deux mois, affirme Yann Quelo, délégué de le l'unique syndicat de la maison d'arrêt, Ufap Unsa Justice. Deux à trois arrivées par jour. »

 

« Suite à l'affaire de Nantes, la mise en cause des juges et l'annonce du président de la République qui a affirmé que 30 000 peines n'étaient pas appliquées, les juges ont accéléré le rythme des incarcérations, poursuit Philippe Devique, secrétaire régional Ufap. Aujourd'hui, nous avons 80 détenus incarcérés pour 40 places théoriques. À l'intérieur, c'est bouillant. Ça risque d'exploser à tout instant. »

14 détenus dans 26 m2

Surveillants, aumôniers, infirmières, enseignants dénoncent des conditions carcérales « lamentables ». Exemple à l'appui : « 14 détenus vivent dans une cellule de 26 m2 avec une fenêtre, un WC et une table ! Six d'entre eux sont obligés de manger sur leur lit. » Actuellement dans l'établissement, 9 détenus dorment sur un matelas par terre, faute de place.

« Il y a 15 ans, se souvient Fabrice Bacquet, surveillant syndiqué, nous étions montés à 100 détenus. La grosse erreur a été de mettre des lits à trois étages. »

En promenade, les détenus sont presque les uns sur les autres dans la petite cour. Aux activités sportives, beaucoup de détenus sont mis à l'écart faute de place.

Pour les personnels de surveillance, social, médical et enseignant, c'est aussi une surcharge de travail. « On nous demande d'effectuer au quotidien toutes les tâches de sécurité, de réinsertion et de soin. Mais c'est impossible. Qu'attendent les décideurs : une agression, une révolte de la population pénale ou pire encore ? »

 

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