Mercredi 6 Avril - Un surveillant brûlé par un détenu

Publié le par Sam Fisher

Il devrait être incarcéré en maison centrale et non pas à la maison d'arrêt de Coulaines. Une équipe d'intervention est venue spécialement de Rennes. Le détenu a été placé en cellule disciplinaire.

« Ça fait des semaines qu'on demande son transfert en centrale, mais personne ne nous entend. Ça devait arriver », constatent, consternés, les syndicats pénitentiaires, Ufap, FO et CGT. La maison d'arrêt du Mans-Les Croisettes, à Coulaines (Sarthe), a connu un épisode grave, lundi soir. Un surveillant a été brûlé au premier degré au niveau du cou en apportant son repas, en cellule d'isolement, à un détenu « très difficile à gérer ». Les détenus peuvent faire un peu de cuisine en cellule, même à l'isolement.
 
Après le décès, la semaine passée, d'un détenu probablement intoxiqué aux médicaments par un autre détenu (une enquête est en cours), la prison de Coulaines perd progressivement sa sérénité.
 

 

À chaque intervention le concernant, les surveillants devaient être quatre, équipés d'une tenue spéciale de protection avec casque. « Comme on pouvait le prévoir, s'insurge Samuel Pelé, de l'Ufap, il a agressé les collègues en leur jetant un mélange d'eau et d'huile chaudes. L'un d'eux a été brûlé et frappé, chutant au sol. » Il a dû être hospitalisé. Blessé et choqué, il est arrêté trois jours.

 

Compte tenu de la gravité des faits, une Équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris) a fait l'aller-retour depuis Rennes, le soir même, pour placer l'agresseur en cellule disciplinaire. Eux sont rôdés à ce profil de détenu. Ces « gendarmes » spécialisés sont formés à la prévention des évasions, des mutineries, des agressions envers le personnel, des suicides et des violences carcérales.

 

Une seconde équipe pour le surveiller

 

« La direction de Coulaines demande le départ de ce détenu depuis plusieurs semaines, souligne Samuel Pelé. Et l'Ufap locale avait réclamé, la semaine dernière encore, la venue des Eris, justement pour prévenir ce type d'agression. Voilà le résultat ! »

 

Le prisonnier a un casier lourd d'une vingtaine d'agressions de surveillants et de tentatives d'évasion, selon Franck Le Bidre, délégué FO. « Sa place est en centrale, mais l'administration pénitentiaire le fait tourner régulièrement de maison d'arrêt en centrale, afin qu'il ne s'accoutume pas à la configuration de la prison et évite ainsi de s'évader. » Le problème, insistent des surveillants, c'est que « nous ne sommes pas formés à la surveillance de ces détenus violents, comme le sont nos collègues de centrale ».

 

Devant le manque de soutien de l'administration pénitentiaire et la surpopulation importante des dernières semaines (plus de 460 détenus pour 400 places), « qui provoque promiscuité, stress et tensions », l'Ufap avait posé, hier, un ultimatum : « Si le détenu n'est pas transféré, l'Ufap appelle a un mouvement devant la porte », ce matin. Pas la peine. Les directions locale et interrégionale de la Pénitentiaire, qui n'ont pas souhaité s'exprimer, ont envoyé, hier, à Coulaines, une seconde équipe d'Eris, jusqu'au transfert du détenu vers un établissement mieux adapté à son comportement.

 

Ouest-France...

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