Samedi 11 Juin - Après la vidéo choc, fouille fructueuse à Salon

Publié le par Sam Fisher

Plus de cinquante téléphones portables, trois cents grammes de résine de cannabis et de la poudre blanche suspecte adressée à un laboratoire d'analyses... La fouille du centre pénitentiaire de Salon-de-Provence (650 détenus), lancée jeudi par l'administration pénitentiaire, avait mobilisé deux cents surveillants venus de toute la France, épaulés de douaniers et de chiens anti-stupéfiants.

 

Deux cents surveillants et douaniers avaient investi, jeudi, les bâtiments du centre pénitentiaire.

 

L'opération a été menée après la mise en ligne sur internet d'une vidéo du magazine Choc (voir ci-dessous) montrant les trafics au sein de la détention. "C'est satisfaisant, indique Pierre Raffin, directeur interrégional adjoint des services pénitentiaires Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse. Notre but était de vérifier l'existence de ces trafics et de les éradiquer. C'est un succès car, pour un temps au moins, on a cassé le système".

 

Le parquet d'Aix-en-Provence a engagé des poursuites contre les détenus dans la cellule desquels des produits illicites ont été découverts et une enquête judiciaire est ouverte pour tenter de connaître la provenance des objets retrouvés dans les parties communes de la prison. La résine de cannabis saisie lors de cette fouille générale semble correspondre à celle qui apparaît sur les images du "reportage" réalisé par un détenu à l'aide d'un téléphone.

Le nombre de portables découverts illustre l'importance de ce phénomène contre lequel l'administration pénitentiaire tente de se protéger. Dans de très nombreuses procédures judiciaires, donnant lieu à des interceptions téléphoniques, il n'est plus rare de capter des communications avec des détenus.

 

Les tentatives de brouillage de bâtiments de détention, comme le D aux Baumettes, se heurtent à l'évolution constante des technologies. Sans parler du coût de tels équipements: un système de brouillage respectueux des normes établies par l'OMS avoisine les 120 000 euros.

 

Alors que le "reportage" de Choc révélait la présence de sommes d'argent importantes, la fouille de l'ensemble du bâtiment n'a apporté la découverte que d'une cinquantaine d'euros. Il est vrai que les trafics de stupéfiants conduits en détention donnent classiquement lieu à des règlements à l'extérieur de la prison.

 

L'argent ne sert strictement à rien derrière les barreaux. Si l'administration pénitentiaire se félicite de cette "récolte", elle sait aussi que seule une attention constante permettrait d'éviter la reconstitution de ces trafics. La miniaturisation des portables, de plus en plus composés de plastique, rend leur détection difficile à l'entrée de la prison. 

 

 

La Provence...

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