Samedi 20 Août - Eysses: Détenu toujours en fuite

Publié le par Sam Fisher

Le détenu avait été placé dans une chambre d'isolement, au pavillon dénommé les Oliviers. Il en a cassé la vitre, a sauté le grillage entourant l'unité puis le grillage délimitant le terrain de la Candélie avant de disparaître dans les lotissements.  

 

 Le détenu avait été placé dans une chambre d'isolement, au pavillon dénommé les Oliviers. Il en a cassé la vitre, a sauté le grillage entourant l'unité puis le grillage délimitant le terrain de la Candélie avant de disparaître dans les lotissements. Photos Thierry-Daniel Vidal

 

Plus de 24 heures après son évasion de la Candélie, le détenu était toujours introuvable hier soir. Sherifi Mesaoudi, 23 ans, détenu à la prison d'Eysses après des condamnations pour divers délits, avait été transféré à la Candélie mercredi, sur prescription d'un médecin psychiatre, après une tentative de suicide au mitard où une bagarre l'aurait conduit.

 

Hier matin, la gendarmerie a levé l'important dispositif déployé à proximité de la Candélie. Les recherches se poursuivent, mais dans un périmètre élargi.

 

À des soignants de l'hôpital psychiatrique, il aurait dit avoir simulé sa tentative de suicide pour sortir de l'isolement carcéral. De l'isolement médical en tout cas il s'est enfui, brisant la vitre de sa chambre et sautant par-dessus la double clôture de l'établissement, l'une autour du pavillon où il avait été placé, l'autre autour du site. Il y a un mois et demi, un autre détenu, venant d'Eysses également, avait utilisé le même procédé pour s'évader.

 

« Quelque chose à faire »

 

« Nous sentons bien que nous sommes au bout de quelque chose », admet Bruno Chauvin, directeur de la Candélie. Chaque année l'établissement psychiatrique accueille, sur prescription médicale, une cinquantaine de détenus transférés de la maison d'arrêt d'Agen ou du centre de détention d'Eysses. De fait, les équipes soignantes se retrouvent, sans formation, avec une responsabilité de garde « qui nous dépasse », reconnaît le directeur.

 

Faute d'autre alternative, « nous sommes obligés de les accueillir en chambre d'isolement », poursuit Bruno Chauvin. Quatre murs, sans sanitaires, une porte et, luxe coupable, une vitre en Plexiglas. Mais sans droit ni à la promenade ni aux visites. Des conditions à la limite de l'inhumain, « qui écourtent les séjours et altèrent la qualité des soins », avoue sans détour le directeur. Sans compter que les moyens mis pour l'encadrement de ces détenus le sont « au détriment des autres unités ».

 

Malgré toutes ces contraintes, Bruno Chauvin ne veut pas « renoncer à accueillir les détenus. Je pense qu'il y a quelque chose à faire », estime-t-il, à l'intérieur des établissements psychiatriques. « Il ne faut surtout pas laisser ces populations-là, et compte tenu du manque de psychiatres, on ne peut pas non plus se disperser sur plusieurs territoires. » L'administration pénitentiaire, elle, ne veut de toute façon en aucun cas prendre le risque d'un suicide dans ses murs.

 

Un projet d'unité spéciale Deux jours après la première évasion, le 7 juillet, le directeur avait fait remonter au préfet le projet d'une unité de soins intensifs psychiatriques, destinée notamment aux détenus mais aussi aux patients plus dangereux. Une unité à l'architecture étudiée, laissant peu de place aux angles morts mais avec un parloir, et où travaillerait du personnel formé à ces patients, voire aussi au milieu carcéral. Le projet est pour l'instant resté sans réponse. Sans doute une deuxième évasion, en tout point semblable à la première, va-t-elle aider au déblocage de crédits

 

 

Commenter cet article