Samedi 24 Septembre - La femme du directeur de prison s'enfuit avec un détenu

Publié le par Sam Fisher

Bobbi Parker disparaît un beau jour avec Randolph Franklin Dial, un meurtrier qui purge une peine à perpétuité.

La femme d'un directeur de prison s'enfuit avec un détenu
 

Est-ce par amour ou sous la menace que Bobbi Parker s'est enfuie avec un prisonnier ? Cela fait 17 ans que l'on attend la réponse. En 1994, Randy Parker est directeur adjoint d'un établissement pénitentiaire de l'Oklahoma lorsque sa femme Bobbi, 32 ans, disparaît un beau jour avec Randolph Franklin Dial, un meurtrier qui purge une peine à perpétuité pour l'assassinat d'un instructeur de karaté. Les Parker vivent dans l'enceinte de la prison, et Bobbi a rencontré Dial à un cours de poterie qu'elle organisait dans son garage.

 

Le 30 août 1994, on les a vus quitter la prison dans la voiture rouge de Bobbi. Cette dernière a ensuite appelé quelques jours plus tard pour dire qu'elle allait revenir, et puis son mari et ses deux fillettes de huit et dix ans n'ont plus jamais entendu parler d'elle. Il a fallu onze ans pour retrouver sa trace. En 2005, la police reçoit un tuyau d'un voisin qui a vu un reportage sur Parker et Dial dans l'émission America's Most Wanted. Les deux fugitifs qui se faisaient appeler Samantha et Richard Dealh habitent au Texas. Selon les inspecteurs, ils se présentaient comme un couple marié et vivaient discrètement dans un mobile home sur une ferme d'élevage de poulets.

 

Dial est renvoyé en prison et Parker rentre chez elle auprès de son mari et de ses deux enfants. Comme si l'affaire n'était pas déjà assez bizarre, ce n'est que trois ans plus tard que le procureur décide d'intenter une action en justice ! Le procès qui a pris beaucoup de retard, notamment en raison de la mort de plusieurs témoins, dont Dial lui-même en 2007 d'un cancer du poumon, s'est achevé cette semaine.

 

Syndrome de Stockholm

 

Le procureur a décrit Bobbi Parker comme une femme au foyer qui s'ennuyait. Selon lui, elle est devenue la maîtresse de Randolph Dial, un beau parleur, et a tout plaqué pour l'aider à s'enfuir. Des témoins ont rapporté l'avoir vue se comporter de manière compromettante quand Dial était en taule. Et dans le mobile home, il y avait des photos et des préservatifs, ce qui prouve que les deux fugitifs menaient une vie de couple heureuse, a-t-il dit. Bobbi Parker a appelé les urgences lorsque Dial a été victime d'une crise cardiaque et est restée à son chevet tout le temps. "La drogue dans ce cas était l'amour. Elle a choisi la liberté avec Randolph Franklin Dial," a-t-il conclu.

 

Pour son avocat, Bobbi Parker est une victime. Il a affirmé que Dial avait kidnappé la jeune femme et l'avait forcée à conduire sous la menace d'un couteau. Dial était un manipulateur, un "malade, sociopathe", qui la violait, la battait et la maintenait en otage, a-t-il déclaré. Si elle ne s'est pas enfuie, c'est parce qu'il lui avait fait croire qu'il avait des liens avec la mafia et qu'il ferait du mal à ses filles.

 

Dial, lui-même, a toujours soutenu cette version. Dans un enregistrement qui a été diffusé au tribunal, il clame qu'il l'a droguée et enlevée et qu'elle souffrait du "syndrome de Stockholm". Mais Randolph Dial est-il crédible ? C'était un curieux personnage. En 1986, il s'était présenté de lui-même au commissariat en expliquant qu'il avait reçu 5 000 dollars pour exécuter Kelly Hogan, un prof de karaté. Auparavant, il était sculpteur et l'une de ses oeuvres - un derrick de pétrole - a servi à décorer le bureau du méchant J.R dans la série télé Dallas. Pendant ses années de cavale, il s'est rendu incognito à la vente-signature d'un auteur qui venait d'écrire un livre sur lui et l'a appelé ensuite pour le féliciter. Il avait confié à une journaliste qu'il voulait écrire un livre intitulé "Dix ans et demi d'amour dans le vent : l'histoire de Bobbi Parker et de Randolph Dial". Il est mort avant. Histoire d'amour ou prise d'otage sordide ? Après trois mois de procès et 14 heures de délibération, les jurés ont condamné Bobbi Parker à un an de prison.

 

Le Point...

 

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