Samedi 11 Juin - Une surveillante passe de l'autre côté des barreaux

Publié le par Sam Fisher

Elle est passée de l'autre côté des barreaux. Une femme, ancienne surveillante à la maison d'arrêt de Limoges, a comparu détenue, hier, devant le tribunal correctionnel de Limoges.

   

 

 

Elle n'avait pas la vocation. Elle aurait voulu être éducatrice. « J'ai toujours eu pitié des gens », avoue cette mère de plusieurs enfants âgée de 39 ans. « Je ne me considérais pas au-dessus des détenus ».

 

La justice lui reproche justement cette trop grande proximité avec la « population pénale » comme la nomme l'administration. « Pour être tranquille », a-t-elle avoué, elle a donné à des détenus des CD, des jeux vidéos, des cigarettes, voire, disaient certains détenus, entretenu des relations intimes avec l'un d'eux, ce qu'elle nie. La rumeur a été rapportée à la direction.

 

" Immaturité inquiétante "

 

Le vice-procureur Jean-Pierre Dartenset, situe tout le problème du dossier. « Dans ce type de métiers difficiles, la question est celle de la proximité. À un moment, on est d'un côté ou de l'autre. Pas au milieu. Vous n'avez pas réussi à trouver la distance ». Et le représentant du parquet d'évoquer les problèmes de recrutement, de formation : « Comment vous a-t-on formé ? » interroge-t-il. « On a eu des cours, mais entre la théorie et la pratique... ».

 

La défense, Me Matthieu Gillet, souligne lui aussi la responsabilité de l'administration pénitentiaire qui avait auparavant relevé « l'immaturité inquiétante » de la fonctionnaire.

 

Le tribunal l'invite à prendre la parole en dernier. Elle s'écroule en pleurs.

 

La prévenue écope d'un an de prison, dont six mois avec sursis et maintien en détention. L'ancienne surveillante est repartie derrière les barreaux. Du mauvais côté.

 

Bernard BOUILLON

 

La Montagne...

 

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