Vendredi 12 Août - L'évadé ne nargue plus la police... Au contraire

Publié le par Sam Fisher

Besançon. C’était prévisible. Devant être jugé hier après-midi en procédure de comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Besançon, Saïd Bahmed, 24 ans, a demandé, comme la loi l’y autorise, un délai pour préparer sa défense...

 

Saïd Bahmed a demandé un délai pour sa défense Photo ER 

Besançon. C’était prévisible. Devant être jugé hier après-midi en procédure de comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Besançon, Saïd Bahmed, 24 ans, a demandé, comme la loi l’y autorise, un délai pour préparer sa défense.

 

L’évadé du palais de justice de Besançon qui s’est offert une semaine de célébrité avec sa fameuse vidéo sur Youtube dans laquelle il narguait la police et la justice, sera finalement jugé le 26 août prochain. Il répondra ce jour-là d’évasion et « d’outrages par paroles de gendarmes dépositaires de l’autorité publique », le tout en état de récidive légale. Il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Besançon ainsi que l’avait requis le procureur Alain Saffar.

 

Terminé le style lascar. Encadré par deux gendarmes vraiment costauds, le fluet Saïd Bahmed en tee-shirt griffé Boss a fait profil bas et a pris un air contrit face au tribunal. « On va vous enlever vos menottes, je ne pense pas que votre intention soit de réitérer, une fois suffit », lui a lancé le président Baud. Le magistrat connaît bien le prévenu pour l’avoir suivi comme juge d’application des peines.

 

Dans ses réquisitions, le procureur a rappelé que Saïd Bahmed, avant son évasion, exécutait des peines pour dix condamnations (vols, violences aggravées, outrage, trafic de drogue). Il était incarcéré depuis 2007 avant de faire faux bond, le 27 juin dernier, aux gendarmes de Châteaudun l’ayant amené au palais de justice de Besançon pour répondre de violences sur sa concubine. Violences pour lesquelles il a été condamné, en son absence, à un an ferme.

 

« Que le tribunal fasse le buzz »

 

De son côté, le défenseur, Me Christophe Bernard a voulu faire, selon son mot, un rêve : « Celui que le tribunal fasse à son tour le buzz en ne plaçant pas Bahmed sous mandat de dépôt mais sous contrôle judiciaire ». Vite, l’avocat s’est repris : « Mais je sais que son sort est scellé ». Au final, Saïd Bahmed que ses proches et sa copine entouraient, s’est déclaré « désolé » et a tenu à s’excuser.

 

Hors du prétoire, Me Berbard indiquait : « L’outrage me semble discutable. Avec cette vidéo, on est plutôt dans la diffamation contraventionnelle sur la voie publique et non dans un délit. Il faut remettre les termes dans leur contexte et savoir, s’ils s’adressaient bien aux forces de l’ordre ou à la société en général ». L’avocat a affirmé que Bahmed avait des justificatifs médicaux faisant état de violences subies à la prison de Châteaudun « tant de la part de détenus que - selon mon client - de l’administration pénitentiaire ».

 

Yves ANDRIKIAN

 

Est Républicain...

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