Mardi 10 Mai - EPM: Ras-de-bol des surveillants

Publié le par Sam Fisher

Ils ont bloqué mardi l'accès du centre pénitentiaire de Marseille, une semaine après l'agression d'une des leurs. Un nouvel incident s'est produit la nuit dernière à l'EPM de Lavaur.

 
 

L'établissement pénitentiaire de Marseille, en octobre 2007, quelques jours avant sa mise en service. (AFP)

Des personnels de l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Marseille ont bloqué l'entrée de la prison mardi matin, une semaine après l'agression d'une surveillante, pour dénoncer des conditions de travail "de plus en plus difficiles".

 

Environ 70 personnes, selon les organisateurs, se sont rassemblées à partir de 6h, à l'appel notamment de l'Ufap (Union fédérale autonome pénitentiaire) et de la CGT-Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), empêchant l'accès à l'EPM à l'aide de palettes et de pneus. Le blocage devait être levé vers 9h.

 

L'agression, le 2 mai, d'une surveillante d'une quarantaine d'années par quatre jeunes qui tentaient de s'évader est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a témoigné un de ses collègues, Frédéric Jouberjean.

 

Le secrétaire régional de l'Ufap pour la région Paca-Corse, Charles Margner, revient sur l'incident : "Quatre jeunes lui ont sauté dessus, l'ont rouée de coups, lui ont volé son trousseau de clés et son téléphone. Ils lui ont attaché les mains dans le dos avant d'aller ouvrir des cellules. Elle est traumatisée."

 

"Ils incarcèrent à tout-va"

 

"Un EPM au départ, c'était un établissement de réinsertion. Là ils incarcèrent à tout-va, cela devient un centre pénitentiaire lambda. Tous les jours, les personnels, qu'ils soient de surveillance ou éducateurs, essuient des menaces, des insultes. L'EPM est un échec, il faut le reconnaître", a estimé Laurent Germain, secrétaire général de l'Ufap dans la région.

 

"Nous demandons la fin de la surpopulation pénale, nous demandons que les personnels puissent travailler dans des conditions dignes. Ils en ont ras-le bol !", a-t-il poursuivi.

 

"A Marseille, les agressions de personnels sont quasi-quotidiennes, les insultes quotidiennes. Le personnel n'en peut plus" renchérit Charles Margner, qui dénonce notamment une trop grande permissivité : "Les détenus font ce qu'ils veulent. Ils bousculent et agressent les personnels, détruisent tout. Ça n'est plus possible."

 

L'établissement, mis en service dans le sud-est de la ville en juillet 2007 et devant initialement "allier sécurité carcérale et éducation pour préparer la sortie et la réinsertion", peut accueillir jusqu'à 54 détenus âgés de 13 à 18 ans, une limite rarement respectée, selon les syndicats. "Au-delà de 45 jeunes, ça devient compliqué, mais certains EPM accueillent plus de 60 détenus" confirme le secrétaire général de la CGT-PJJ Alain Dru.

 

 Des troubles confinant à la mutinerie

 

Plusieurs prisons pour mineurs ont fait parler d'elles récemment. A Meyzieu, dans le Rhône, un détenu de 16 ans avait pris en otage une éducatrice pendant plus de deux heures le 12 avril. Le week-end dernier, c'est l'EPM de Lavaur, dans le Tarn, qui a été le théâtre de troubles confinant à la mutinerie.

 

Dans la nuit de lundi à mardi, un nouvel incident s'est produit au sein de l'EPM de Lavaur. Lors d'une ronde, une surveillante a été la cible de jets de projectiles et seaux remplis de liquide, selon un représentant de la CGT soupçonnant ce liquide d'être de l'urine. Selon d'autres représentants syndicaux, elle a également été insultée et menacée sexuellement.

 

Préavis de grève reconductible

 

Le CGT-PJJ a déposé pour cette semaine un préavis de grève reconductible à l'échelon national. Une semaine d'action avait déjà été organisée dans les six EPM français du 18 au 22 avril.

 

Le syndicat réclame des discussions portant notamment sur la définition du statut et des missions des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse travaillant dans ces établissements aux côtés de surveillants de l'administration pénitentiaire. Il souhaite aussi une revalorisation de leur rémunération "puisque la dangerosité et la pénibilité sont des constantes". "On veut être reçus par les deux directions : l'administration pénitentiaire et la PJJ" conclut Alain Dru.

 

Le Nouvel Observateur - AFP

 

Le Nouvel Observateur...

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