Vendredi 20 Mai - Le Directeur de la Pénitentiaire sur le départ ?

Publié le par Sam Fisher

Le directeur de l’administration pénitentiaire, Jean-Amédée Lathoud, va partir avant l’été à la Cour de cassation.

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Il n’est resté qu’un an et demi en fonction, contre quatre pour son prédécesseur, alors que le nombre de détenus atteint de nouveaux records. 64 584 personnes étaient incarcérées au 1er mai, soit plus que le pic historique atteint en juillet 2008, et la tension dans les prisons françaises, qui comptent 56 150 places, est palpable. Il devrait être remplacé début juin par un préfet et n’a souhaité faire aucun commentaire.

 

Officiellement, Jean-Amédée Lathoud a lui même demandé à être déchargé de son poste, il est proche de la retraite (il aurait 65 ans le 26 septembre), et son passage au parquet de la Cour de cassation lui permettrait statutairement de rester dans la magistrature jusqu’au 30 juin 2013. Le ministère de la justice a présenté sa candidature au Conseil supérieur de la magistrature qui a entendu le magistrat mardi 17 mai, le CSM rendra son avis dans les premiers jours de juin. Michel Mercier, le garde des sceaux, qui l’a bien connu lorsqu’il était procureur général de Lyon, le considère comme un ami.

 

Jean-Amédée Lathoud a ensuite été procureur général à Douai au moment de l’affaire Outreau, et avait échappé de peu à des sanctions disciplinaires. Il avait avoué devant le CSM assumer « une part de responsabilités pour un certain nombre d’erreurs », ce qui ne l’avait pas empêché d’être nommé à la tête du parquet général de Versailles. Il s’était fait épingler une première fois par le Canard enchaîné après avoir signé une circulaire qui interdisait de délivrer des permis de visites aux enfants de moins de 14 ans.

 

Nommé à la direction de l’administration pénitentiaire en janvier 2010, il avait obtenu que soit pris en charge son logement de fonction. Le Canard enchaîné avait révélé l’affaire en juillet, et estimé le coût pour l’administration à 30 000 euros par an. La CGT pénitentiaire avait jugé « tout cela bien injuste, voire grossier et vulgaire », le ministère avait répondu que la prise en charge de ce logement de fonction répondait « à la nécessité absolue de service commandant à M. Lathoud d’être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, 365 jours sur 365 ».

 

Après l’affaire Laëtitia à Pornic, en février 2011, les conseillers d’insertion et de probation, rattachés à la pénitentiaire, avaient manifesté leur colère d’être les éternels boucs émissaires des dysfonctionnements de la justice, et Jean-Amédée Lathoud, qui n’a jamais réellement trouvé sa place dans cette administration, avait fait part au ministre d’une certaine lassitude.

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