Mardi 5 Avril: "Pascal Payet ? C'était le détenu modèle !"

Publié le par Sam Fisher

Pascal Payet, qui s'était évadé en hélico de la prison de Grasse le 14 juillet 2007, comparaissait hier encore devant la cour d'assises d'Aix.

 

Un lourd dispositif de sécurité, dont un hélicoptère, a été mis en place pour les transferts de Pascal Payet de la prison du Pontet, dans le Vaucluse, à la cour d'assises d'Aix.

 

"Bonjour M. Botella." Décontracté, sourire aux lèvres, Pascal Payet semble ravi de revoir, plus de trois ans après lui avoir faussé compagnie, le directeur de la maison d'arrêt de Grasse. "Apparemment, vous êtes content de le voir", relève le président Deschamps. "Je ne vais pas aller jusque-là, mais Monsieur Botella a fait beaucoup pour humaniser les quartiers d'isolement", reconnaît le braqueur devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence, presque gêné que la foudre pénitentiaire soit tombée sur "ce" directeur.

   

Car M. Botella, malgré ses 12 ans à la tête de la prison de Grasse, restera celui, ou un de ceux, qui a laissé échapper Payet. Mais l'homme ne semble pas rancunier. Au président, curieux de savoir quel genre de détenu était Pascal Payet, il répond sans hésitation : "Nous avions des rapports courtois comme on souhaiterait en avoir avec beaucoup de détenus." Et Payet de rendre le compliment : "Je tiens à souligner que c'est le seul à m'avoir accordé un parloir libre, sans glace entre moi et ma famille." "C'est presque un hommage", ironise le magistrat, un peu pris de court par cette déclaration. "Ben oui, insiste le braqueur, je ne suis pas sectaire !" "Mais il ne m'a pas vraiment remercié pour mon humanité", relève en souriant M. Botella, encore "surpris" par "cette évasion aussi spectaculaire".

  

Ce 14 juillet 2007, le directeur était en vacances. C'est un coup de téléphone qui lui annonce "la tuile". "C'était quelque chose d'assez inattendu", note-t-il. Que "le roi de l'évasion" veuille... s'évader, ça, on pouvait s'en douter. C'est d'ailleurs pour limiter les dégâts qu'il était en quartier d'isolement. Mais que ça se fasse comme ça et aussi vite... "Oui parce que, souligne le juge, on a vraiment l'impression que cette évasion a été assez facile..." "Je considère qu'il y a quelques renseignements de professionnels qui auraient pu être donnés aux auteurs", soupçonne M. Botella. Mais au-delà de "possibles" complicités internes, le directeur admet que "s'ils avaient pensé qu'un commando puisse faire exploser les portes", en revanche, ils n'avaient jamais imaginé "qu'elles puissent être sciées aussi facilement".

  

Alors qu'aurait pu faire le personnel pénitentiaire ? Tirer ? Dans le bâtiment, ils ne sont pas armés et depuis les miradors, on ne voyait rien. Tout au plus, l'hélicoptère s'envoler... "Depuis, nous avons sécurisé les toitures", assure-t-il en concédant avoir "parfois un temps de retard". Et ces retards, ou ces priorités budgétaires, sont forcément exploités par ceux qui rêvent de liberté, du fond de leur cellule de 9m², seuls du matin au soir... pendant des années comme ce fut le cas pour Payet.

 

"Dans le fond, M. Payet, tente le président, est-ce qu'à un moment donné de votre parcours, vous ne vous êtes pas dit : 'J'arrête !' ?" "J'ai essayé, répond-il, sincère. Au tout début même. J'avais pris une peine de 5 ans. J'avais demandé Draguignan pour voir ma famille. On m'a envoyé à lÎle de Ré. Et à l'époque, j'étais pas connu ! Depuis, je suis devenu une bête de cirque. On m'a jeté dans une impasse. J'aurais bien aimé une porte au bout. Alors, pour m'en sortir, il n'y avait qu'une seule manière". Quand on entend une disqueuse qui scie la porte de sa cellule, on fonce. Même en caleçon !

 

La Provence...

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